03.03.2012
Contes macabres - Claude Seignolle
Deuxième rencontre avec Claude Seignolle, après la Malvenue, ce recueil de contes macabres, dans son édition chez Marabout de 1966 (!!), un tantinet défraîchie, mais ô combien vintage, une police de caractères pour la couv typique, et bien revenue à la mode.
Ici nous avons plusieurs nouvelles relativement courtes, et une plus longue, le Matagot. Cette dernière traite d'une affaire de sorcellerie, une vengeance pour le moins tirée par les cheveux ! Un sorcier qui veut se venger d'un autre, en mettant à profit la location de sa maison à un écrivain, conteur de l'histoire. Si l'histoire peut amener son lot de frissons et d'horreur, la chute nous fait un esquisser un sourire d'ironie. L'ironie, voilà un des thèmes qui revient très souvent. Beaucoup de contes, d'historiettes apportent leur dénouement dans une morale des plus ironiques. Victimes de leurs "pouvoirs" surnaturels, les hommes et femmes paient leur relation avec les forces d'en bas.
On peut distinguer deux types de contes. Les contes "paysans" et les contes "contemporains". Certaines histoires se déroulent dans la campagne, un brin intemporelle, et les autres se situent vers les années 60, du moins au vingtième siècle. Ceci dit, Seignolle recueillait les histoires des paysans, à l'aube d'un changement des mentalités, et communications. En 1960, les campagnes ressemblaient encore à celles du début du siècle...
Toutes les histoires ne sont pas des chefs-d'oeuvre, mais toutes sont très bonnes, pour ne pas dire excellentes... Parmi elles, l'Isabelle, où un collectionneur d'art dégote un tableau avec une femme nue, qui sort de son cadre et rejoint l'homme dans son lit. Dans une ambiance limite gothique, entre Jean Ray et Lovecraft !!
Et pour en avoir un peu plus, je fais écho au père Kurgan et son blog http://bouquinorium.hautetfort.com/ qui a retrouvé une vidéo de Claude Seignolle des 60's (d'ailleurs déjà référencée sur http://www.heresie.com/seignolle/, largement documenté sur le maître), pour le moins stupéfiante : http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPF110...
21:32 Publié dans Livre, occulte, paganisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.03.2012
Devil's Rock

Juiin 1944. Un commando d'Anglais débarque sur l'île de Guernesey pour neutraliser un canon, en vue du débarquement. Les deux soldats proviennent de Nouvelle Zélande, et après avoir traversé un champ de mines qui a manqué de leur être fatal, ils investissent le bunker et posent la dynamite sur la pièce d'artillerie. Fin du film ? Ca aurait pu, si un soldat allemand n'était pas sorti dégueuler et réclamer de l'aide auprès de ses ennemis...
Les deux hommes s'engouffrent alors dans le dédale de couloirs du bunker, et font de bien macabres découvertes... du sang, des soldats qui se sont suicidés, des corps en charpie...
Un des anglo-kiwi se fera dessouder par l'unique survivant allemand, un colonel au regard dément, et son partenaire sera fait prisonnier.
Le soldat allié sent son heure venue quand surviennent des hurlements de femme... Le colonel change d'attitude... cette femme, en réalité un démon, la cause de cette dispersion de tripaille...
Le colonel est en fait un membre du "Germanorden" (l'amicale des anciens de l'Ahneherbe a posé son veto ?) et il dirige des recherches sur les armes mythologiques... Après avoir découvert un ancien grimoire sur l'île, il a invoqué le démon...
Voilà, je vous ai bien grillé une bonne partie du film, pour le reste... à vous de voir !
Il faut avouer, que depuis Peter Jackson, la Nouvelle Zélande n'avait pas engendré beaucoup de films gores, et Devil's Rock ne souffrira pas la comparaison. Y a du gore, mais peu d'effets spéciaux, peu d'action gore. Et surtout, c'est la réalisation qui pêche. C'est lent. C'est peu rythmé... Ca colle à l'aspect oppressant de la scène dans le labyrinthe de béton, les couloirs du bunker, mais c'est un passage qui dure 5 minutes... Egalement, une fois entrés dans le bunker, toute l'action s'y passe. Le temps s'arrête, en quelque sorte. Malgré tout, la réalisation manque un peu de rythme sur les séquences d'action. On ne décroche pourtant pas du film, grâce à l'intrusion de l'occulte dans le conflit militaire.
Comme je le disais plus haut, le film s'appuie sur le service très particulier de l'Ahneherbe (rebaptisé Germanorden, avec une touche de romantisme en plus, puisque ce n'est pas Hitler qui créa cet institut, mais Himmler), mêlant donc occultisme satanique médiéval (un grimoire écrit en latin et en mauvais français...) et nazisme. On sent de la part du réalisateur et du scénariste un hommage vibrant à la littérature et au cinéma qui a abordé le sujet, en mentionnant "la lance sacrée, [...] sur le point de conquérir l'arche de l'alliance, [...] essayé de réveiller les grands Anciens"... Indiana Jones et Hellboy apprécieront le clin d'oeil !! De même, les symboles magiques sont précis et l'énumération de noms de démons est plus complète que ce qu'on est habitué à voir dans d'autres films.
Voilà qui ravit l'amateur de toutes ces thématiques !! Le fan de pulp !!!
Au final, Devil's Rock est un petit film sans guère de prétention, pas super réussi non plus, mais qui a le mérite d'aborder des thèmes sympatoches et de rester très honnête !
00:22 Publié dans Film, horreur, occulte, WWII | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.12.2011
La Malvenue - Claude Seignolle
Campagne solognote, quelque part fin XIXe siècle, ou début XXe, ou même avant, l'époque important peu au final, le monde paysan ayant peu bougé durant des siècles... Une fille de ferme, Jeanne, qu'une cicatrice au front peine à enlaidir, recueille une braise dans son sabot et va foutre le feu à une grosse botte de foin... un acte insensé, mû par une voix maléfique... Jeanne va accuser un manoeuvre, et dans sa chambre, caresser une étrange pierre qu'elle a trouvée... Une pierre, fragment d'une statue de visage... 18 ans plus tôt, le père déterrait cette tête en pierre après avoir retourné son champ... Une statue enterrée, une déesse maléfique qui va hanter la mesnie jusqu'à l'irrémédiable...
Claude Seignolle nous plonge dans une fresque paysanno-française, à la Bernard Clavel (ou tout autre écrivain régionaliste), une existence liée au soleil comme les comptait Henri Vincenot, mâtinée de fantastique païen à la Lovecraft, voire Robert Howard ! Cette statue, gauloise, ou provenant d'un peuple présent avant les Celtes ? enterrée dans la campagne, c'est tout un univers païen qui se révèle à nous. Une vouivre de granit, un culte ancien, non pas dans la lande anglaise, ou dans un port d'Amérique, mais bien dans notre bonne vieille terre de France ! Si Claude Seignolle est à l'aise dans le roman paysan régional, il n'intègre pas l'élément fantastique juste pour donner une autre couleur au livre. Non il sait aussi s'y prendre pour créer cet environnement fantastique, donner vie à ces bouts de pierre, rendre effrayants ces visions, fantômes, ces lapins à la tête putréfiée et aux corps dévorés par les vers... Un véritable régal de fantastique, avec de forts relents de paganisme.
L'édition que j'ai trouvée, chez Marabout, est complétée de plusieurs autres nouvelles, moins longues, moins marquantes peut-être que ce chef d'oeuvre, mais tout aussi bonnardes. Entre la farce macabro-paysanne, l'histoire de loup garou, avec un monologue du loup démon dévoreur d'hommes, un véritable sonnet à Satan !!
22:57 Publié dans fantastique, Livre, occulte, paganisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


