27.04.2012

20 000 siècles sous les mers

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Dans ma précédente note sur Richard Nolane, je m'étonnais de ne pas être tombé sur lui auparavant... Depuis, j'ai bien du mal à déscotcher de ses multiples blogs. Je me suis même laissé tenter par cette bande dessinée, dont le tome 2 est sorti fin mars. Une série en deux tomes, c'est plus que tentant !! Les séries ayant tendance à ne jamais finir, une histoire complète en seulement deux tomes, je dis banco !

20 000 siècles sous les mers fait partie de la collection 1800, chez Soleil. Et avec Nolane à la machine à écrire, ça promet ! Imaginez que quelques années après la disparition du capitaine Nemo et de son Nautilus, le professeur Aronnax retrouve le forban, bien vivant... il va l'emmener à bord de son nouveau submersible et lui contera ce qui s'est réellement passé dans le maelström, une version différente de celle de M. Verne. Il se trouve que Nemo a été transposé en Antarctique, par une faille dimensionnelle ? ou la théorie de la Terre creuse s'est avérée juste ? Toujours est-il que depuis, Nemo a d'horribles visions, qui ne sont pas terriennes. La nouvelle équipe va retrouver un trésor immergé, gardé par d'hideuses créatures aquatiques... Le but étant de vaincre Cthulhu !

Vous ne rêvez pas... un crossover Jules Verne/Howard Phillips Lovecraft !! L'idée est fort bien amenée, et la proximité des époques tombe plutôt bien ! Le scénario est bien ficelé. On a vite compris que Cthulhu se cache derrière tout ça (l'introduction révèle des sectateurs humanoïdo-amphibiens), mais c'est réellement bien foutu. Et je ne compte pas toutes les références historiques, pulp, science-fictionnesques disséminées ici et là, dans le texte, et également dans les images. Qui dit bédé dit forcément dessins, et je trouve que c'est souvent ce qui pêche dans le roman graphique, un dessin mal adapté... Ici, ça pourrait être le cas, mais au final, ça passe plutôt bien. Les traits de Patrick Dumas s'adaptent assez aux différents décors et abominations. Je trouve tout de même que certains traits de visage manquent parfois de caractère, ou d'émotion. Egalement, certaines scènes d'action manquent un peu de mouvement. Autant je suis bon public sur un texte, autant sur du dessin, mon jugement peut être plus tranché. Reste qu'une fois habitué au style, on s'y fait et on dévore cette histoire passionnante !
Avec une seule envie, relire Jules Verne et Lovecraft.
Et aussi tenter les autres séries comme Sherlock Holmes et les vampires de Londres, et les Grands Anciens.

Sans compter l'envie de revenir très bientôt sur Nolane et sa production, adepte du crossover issu de la culture pulp et du réalisme fantastique, érudit dans ces matières...

(et pour mes lecteurs désireux de savoir à quoi ressemble le style de Monsieur Dumas, voici quelques clichés issus d'un appareil qui semble bientôt rendre l'âme. Minolta Z1, petit bridge bien sympa aux couleurs saturées, qui m'aura laissé tout de même des centaines de jolis souvenirs...)

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03.02.2012

Richard D. Nolane

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Un de mes lecteurs me demandait tantôt : "tu connais Richard D. Nolane ?" Ben non. C'est le gars sur la photo du dessus. Bon, un petit tour sur son blog "Millénaire" http://millenaire.blogspot.com/ et ah !!! Hormis avoir le bon goût de fumer la pipe, ce monsieur est des plus actifs dans le monde de la SF, de l'Heroic Fantasy, bref, de la culture pulp, puisqu'il a écrit plusieurs dizaines d'épisodes de Blade, scénarisé des épisodes BD d'Harry Dickson, a été directeur de collection chez Garancière... et on ne compte plus ses participations à divers ouvrages, sur Jacques Bergier, la cryptozoologie...
Trois petit points. Enfin, trois petits points. Je devrais plutôt taper trois points d'exclamation !!! (dont acte !!! et rebelotte)
Comment ai-je pu passer à côté ? Il est possible que je sois tombé sur son nom au détour d'une revue, d'un site internet, mais sans vraiment m'y attacher... quel manquement à mon éthique ! Merde alors !

Passons à son blog... Que vois-je dans les thèmes ? Quelqu'un qui parle de Derleth, BR Bruss, Churchward, Heuvelmanns, Charroux, Robert Howard, Weird Tales, sans compter l'inénarrable Lovecraft et autres têtes connues. Et non seulement il en parle dans son beulog, mais en sus il participe, outre ses activités d'auteur à part entière, à des ouvrages sur certains, comme par exemple Jacques Bergier !!!! (dont la couverture avec son portrait, redessiné par dessus une photo, on aurait préféré les traits que lui ont prêté Hergé ou Franquin !!). Le saint homme !
Non mais merde quoi. Quand j'ai décidé de créer ce blog, j'avais fait quelques recherches sur le net, et je n'avais rien trouvé de très probant, et là, que vois-je ? Exactement ce que je cherchais (même si un peu plus de texte autre que très informatif eût été le bienvenu), et y a même une liste de liens qui font rêver. Ca fait du bien de se sentir moins seul.

28.01.2012

Iron Sky... bientôt !!!

Ca y est, Iron Sky a pu être terminé, et il sera officiellement présenté à Berlin le 11 février.
Ca a fini à Berlin, ça recommencera là ! Les Nazis reviennent, et ils ne sont pas contents !


Espérons que le film soit bon ! Enfin s'il est présenté à Berlin, on se doute qu'à la fin, les Nazis ne vont pas gagner et nous sauver du système bancaire international...

Sur le même thème, signalons la préparation du film "Nazis at the center of the earth", des nazis vivent au centre de la Terre creuse et préparent leur retour, par un passage en Antarctique... La boîte qui produit ça promet plus un résultat façon le Lac des Morts Vivants de Rollin, mais bon... on croise les doigts. En tout cas les légendes nazies intéressent le cinéma, plutôt cool !!! A quand un film où Adolf Hitler se réveillera de sa forteresse de glace en Patagonie ?

23.01.2012

Le Monde (presque) perdu

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Un paléontologue un peu farfelu se prend une déculottée sur un plateau télévisé, et finit  totalement décrédibilisé pour finir prof de sciences à des gamins... jusqu'à ce qu'une jolie chercheuse vienne le trouver, car elle croit en sa théorie après avoir découvert un fossile... de zippo. Ils se rendent sur les lieux de la découverte, en plein désert, à proximité d'une attraction à la con, tenue par un redneck du coin... Avec son système à la con, le paléontologue va créer une déchirure de l'espace temps, et nos scientifiques, ainsi que l'employé de l'attraction vont se retrouver catapultés dans un autre monde, par une faille spatio-temporelle pour le moins inespérée...
Un monde à trois lunes, où, sortis du désert, ils vont bien vite rencontrer des hommes-singes, dont l'un deviendra leur compagnon, et surtout... de terribles dinosaures !
Mais dans ce monde (presque) perdu, il n'y a pas que des dinosaures... D'ailleurs les dinos ne sont pas si cons que ça... la preuve, avec cette fameuse assertion, le cerveau de la taille d'une noix... mais quand nos héros tombent sur une gigantesque noix préhistorique, faut croire que les dinos étaient pas si cons que ça... Les décalés du futur vont rencontrer des primates, et des créatures étranges, batraciens à pinces, aux yeux énormes, échappés d'un film de SF des années 50... et tout un tas de bordel qui a aussi traversé cette faille temporelle au fil du temps.
On nagerait dans un plein téléfilm d'aventure fantastique digne d'un dimanche après-midi sur NRJ12 avec ses décors souvent cheapos, et pas mal de CGI très visibles (Terra Nova échappe à ce sort parce que le producteur, c'est Spielberg ! Sinon même constat...), si le héros n'était pas Will Ferrell (Présentateur vedette, les Rois du Patin, Ricky Bobby etc etc.), et le second rôle Danny McBride (Kenny Powers, Votre Majesté, plein de seconds rôles, souvent pas loin de Will Ferrell d'ailleurs) ! Avec ces deux zozos, on va pas s'ennuyer. Fidèles à leurs rôles de prédilection, ils vont donner exactement ce qu'on attend d'eux. Et vu leur humour, c'est souvent gras, comme quand Ferrell s'asperge d'urine de dinosaure, ça lui brûle les yeux, et ça doit être l'urine du matin, car elle est chargée... Sans compter l'inévitable scène stoner, très contemplative, les héros défoncés au jus d'un fruit préhistorique...
L'alliance aventure/fantastique et humour fonctionne très bien, pour peu qu'on soit bon public et qu'on aime le style Ferrell (on aime ou on aime pas, et le passage en version française est souvent pas très heureux). La scène où Ferrell se fait piquer par un moustique préhistorique est franchement à se tordre de rire. De plus, le cadre n'est pas juste un alibi pour lâcher des vannes et faire cabotiner Ferrell et McBride. On est dans une pure aventure de SF, parfois très vintage (le passage avec les hommes lézards !!!) et qui se tient. Enfin, pas dans le sens plausible, hein... la SF s'affranchit de tout caractère plausible. Le Monde (presque) perdu s'avère un très bon divertissement, malgré le flop très attendu qu'il a pu faire... je pensais qu'il n'était pas sorti en France, mais il semble que si, en tout cas on peut trouver le DVD à pas cher mon fils.


01.12.2011

Le Bourg envoûté - BR Bruss

Tombé par hasard sur ce bouquin lors d'une puce de village, la couverture m'avait intrigué... Une sorcière dans un marais, un serpent géant, un look psychédélique, entre la police de caractère et la robe de la sorcière... Hop, ni une ni deux je me suis délesté de 50 centimes pour acquérir cette jolie illustration, en espérant que le bouquin soit bon aussi. Tu m'étonnes ! Je me suis cru lire un scénario de film de la Hammer. C'est contemporain, d'ailleurs, le livre a été écrit en 1964.
Dans les années 1910 (même si la période est mal définie, je pensais au début que ça se passait dans les années 60 !), un écrivain décide d'aller trouver l'inspiration dans un village paumé en Ecosse. Un trajet pas évident dans la montagne, une jolie femme dans sa voiture qui le prend en stop (ouais ça fait pas très 1915 tout ça !), une chambre dans une pension, un village perché inquiétant, des habitants taciturnes, un château... Une malédiction qui décime les héritiers de deux familles qui composent le village, et notre écrivain au milieu de tout ça, qui va de découverte en découverte, impuissant face à la vendetta humaine et séculaire... Plongé dans l'histoire, on se croirait vraiment dans un film. Mélange de Wicker Man, la Maison ensorcelée (réunissant Christopher Lee et Boris Karloff ! Faut que je revois ce film, je le chroniquerai !), et de Lovecraft, avec son Dunwhich et ses habitants particuliers, inspiré par les romans gothiques anglais à la Dracula, Tour d'Ecrou et autres Melmoth, le Bourg envoûté se dévore d'un trait, et il suffit d'imaginer Christopher Lee dans le rôle du châtelain, pour imaginer que prenne vie un film Hammer inédit... Un bouquin qui se lit avec délectation !

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La Malvenue - Claude Seignolle

Campagne solognote, quelque part fin XIXe siècle, ou début XXe, ou même avant, l'époque important peu au final, le monde paysan ayant peu bougé durant des siècles... Une fille de ferme, Jeanne, qu'une cicatrice au front peine à enlaidir, recueille une braise dans son sabot et va foutre le feu à une grosse botte de foin... un acte insensé, mû par une voix maléfique... Jeanne va accuser un  manoeuvre, et dans sa chambre, caresser une étrange pierre qu'elle a trouvée... Une pierre, fragment d'une statue de visage... 18 ans plus tôt, le père déterrait cette tête en pierre après avoir retourné son champ... Une statue enterrée, une déesse maléfique qui va hanter la mesnie jusqu'à l'irrémédiable...
Claude Seignolle nous plonge dans une fresque paysanno-française, à la Bernard Clavel (ou tout autre écrivain régionaliste), une existence liée au soleil comme les comptait Henri Vincenot, mâtinée de fantastique païen à la Lovecraft, voire Robert Howard ! Cette statue, gauloise, ou provenant d'un peuple présent avant les Celtes ? enterrée dans la campagne, c'est tout un univers païen qui se révèle à nous. Une vouivre de granit, un culte ancien, non pas dans la lande anglaise, ou dans un port d'Amérique, mais bien dans notre bonne vieille terre de France ! Si Claude Seignolle est à l'aise dans le roman paysan régional, il n'intègre pas l'élément fantastique juste pour donner une autre couleur au livre. Non il sait aussi s'y prendre pour créer cet environnement fantastique, donner vie à ces bouts de pierre, rendre effrayants ces visions, fantômes, ces lapins à la tête putréfiée et aux corps dévorés par les vers... Un véritable régal de fantastique, avec de forts relents de paganisme.
L'édition que j'ai trouvée, chez Marabout, est complétée de plusieurs autres nouvelles, moins longues, moins marquantes peut-être que ce chef d'oeuvre, mais tout aussi bonnardes. Entre la farce macabro-paysanne, l'histoire de loup garou, avec un monologue du loup démon dévoreur d'hommes, un véritable sonnet à Satan !!